Nos animaux peuvent présenter des déviations des membres suite à des troubles de croissances ou à des fractures qui ont mal évolué.

Ces déviations ne constituent pas seulement un problème esthétique, elles peuvent générer un handicap mécanique ou douloureux.

Il est possible de corriger certaines de ces déformations.

Quelques exemples sont illustrés ici.

Troubles de croissance : « Radius-curvus »

Le « radius-curvus » est une déformation de l’avant-bras qui apparaît pendant sa croissance.

Les deux os qui composent l’avant-bras sont le radius et le cubitus. Ils sont solidaires l’un de l’autre car attachés l’un à l’autre en haut et en bas de la région par des ligaments.
Pour que tout se passe bien pendant la croissance, ils doivent grandir à la même vitesse.
La plupart du temps, c’est le cubitus qui ralentit. Le radius qui continue son allongement va alors se tordre et se courber à cause de ses attaches au cubitus. On appelle donc cette déformation « radius-curvus » ou « radius courbe ».

La correction chirurgicale est assez simple si le chien a fini de grandir, on coupe d’abord le cubitus pour libérer le radius. On enlève un triangle osseux du radius pour le redresser et on fixe le radius dans sa nouvelle position par une plaque vissée.

Déformation post-fracture simple

Voici Molly, jeune croisé berger F de 6 mois : elle a été adoptée dans un refuge et présente une déformation de la cuisse gauche.
Les radios révèlent une déformation du fémur due à une ancienne fracture non traitée. L’os s’est soudé mais avec déviation dans deux plans. Cette déformation a de plus provoqué une luxation latérale de la rotule.

Pour Molly, l’opération a consisté aussi à enlever un triangle osseux pour redresser l’os.

A 5 semaines post-opératoire, le cal de guérison osseuse est déjà bien présent et le membre est dans son axe normal.

Déformation post-fracture complexe

Olaf, jeune berger malinois de 4 mois, nous a été présenté suite à des complications majeures d’une fracture de l’avant bras gauche opérée un mois plus tôt par un autre confrère, infection et dévissage de la plaque.
A sa première visite, il ne pose pas la patte, celle-ci est déformée et une plaie suintante est présente.

Dans un premier temps, nous nous occupons de son infection due à une pointe osseuse qui traverse la peau. Une petite opération pour éliminer ce fragment osseux et un traitement antibiotique viennent à bout de l’infection. Ses os ne grandissent plus suite aux complications et au fait qu’il a été immobilisé pendant 1 mois. Heureusement son coude n’a pas souffert, par contre son poignet est totalement rigide. Il faudra donc corriger les déviations mais aussi allonger ses os pour qu’il puisse à l’âge adulte utiliser son membre.
Nous patientons deux mois et demi.
Olaf a six mois et demi lorsque nous décidons de réaliser les corrections et l’allongement de son avant-bras. Il a alors un décalage des os et un raccourcissement de 8 cm.

Pendant l’opération, nous scions les os pour les réaligner et nous plaçons un appareil fixateur externe « Illizarov ». Nous avons bien sûr dû enlever la plaque et les vis en place.
Cet appareillage va nous permettre d’allonger les os progressivement.

En fait, ce sont les propriétaires d’Olaf qui font l’allongement en tournant tous les jours certains boulons de l’appareil, ils écartent ainsi les anneaux du montage.
Quelques semaines plus tard, nous sommes au bout de l’allongement : 6 cm de gagnés.

La structure de l’os d’Olaf n’est cependant pas parfaite, nous enlevons l’appareil et posons une plaque de soutien de l’os.

Nous voici enfin au bout du traitement : ses os sont guéris et solides, il marche sur sa patte.

Le cas d’Olaf est un exemple que nous ne rencontrons heureusement pas tous les jours car il demande un investissement et une motivation intenses de la part de ses propriétaires. Mais quand on sait qu’Olaf avait été condamné soit à l’amputation, soit à l’euthanasie…